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lundi 22 janvier 2018

De l'hôtel Hesselin à Georges Pompidou

En 1640, Louis Hesselin, intendant des plaisirs du roi et grand financier, prie Louis Le Vau de lui construire un hôtel dans "l'isle Nostre Dame", aujourd'hui île Saint-Louis.
Cet hôtel était, dit-on, l'un des plus beaux de Paris. 



Il ne nous est parvenu que fort peu d'images de cet hôtel.
Ici, une peinture de Georges-Henri Manesse:


Copie presque conforme de cette photographie d'Eugène Atget nous montrant les communs à l'arrière de l'hôtel:


Si vous vous rendez aujourd'hui devant le 24 quai de Béthune, vous y verrez d'abord ceci:


L'immeuble construit dans les années trente est la seule fausse note dans cet ensemble de façades classiques cernant l'île Saint-Louis.
Il faut vous dire que l'hôtel Hesselin fut racheté par la milliardaire des cosmétiques, l'américaine Helena Rubinstein. Celle-ci réussi à le faire raser en juin 1934 en dépit de son classement aux Monuments historiques (l'hôtel était classé, pas la dame).
La troisième république ne pouvait rien refuser à une milliardaire américaine...  



Dérisoire compensation: les deux battants de la porte ont été replacés dans la nouvelle construction:




Ce balcon est également un rescapé:



Aujourd'hui, à l'angle de la rue Poulletier, on voit une plaque difficilement lisible qui nous rappelle la présence (ou l'absence) de l'hôtel Hesselin):



Sur la façade, une plaque discrète nous rappelle que le regretté président Pompidou habita cet immeuble:


24 quai de Béthune, Paris IV°.

La rue parisienne (32)

France3 a l'interminable feuilleton "Plus belle la vie", nous, nous avons "Poubelle la rue"... Lequel s'arrêtera le premier ?


Vous le voyez, c'est le statu quo ante.

  
Trois ans que ça dure. Trois ans que ça a été signalé aux services (in)compétents.
Cette borne d'alimentation où viennent se fournir en eau les camions "Propreté de Paris" fuit si l'on ne fait pas l'effort de bien la serrer. Tout le monde voit que ça fuit sauf les employés municipaux...
Mais dormez tranquilles, c'est votre argent qui coule ainsi...



à suivre...

Les fontaines du rond-point des Champs-Elysées

L'axe historique dessiné par André Le Nôtre ne s'appelait pas encore les Champs-Elysées, mais le rond-point (l'étoile) des Champs-Elysées ponctuait déjà ce qui n'était encore qu'une promenade. Ici, sur un plan de 1834:


Le XIX° siècle avait vu s'établir au milieu du rond-point une fontaine centrale qui très vite, s'avéra gênante pour la circulation.
Dans le cadre des grands travaux du second empire, JC Alphand dessinera l'actuelle place dotée de six bassins avec dans chacun un jet d'eau. 


 Sur ces cartes postales du tout début du XX° siècle, on voit les premières fontaines qui seront en fonctionnement de 1865 à 1932.


Où l'on s'aperçoit que les fontaines étaient modulables:




Pour avoir une idée de ces premières fontaines, vous pouvez observer à quelques dizaines de mètres ce bassin devant le Petit Palais:


En 1932, il est fait appel au grand maître verrier René Lalique pour réaliser six fontaines de verre avec éclairage incorporé. Un pur chef d' œuvre ! 




En 1958, les fontaines de Lalique, trop fragiles, sont démontées.
Il semblerait qu'elles aient disparu des inventaires à cette occasion. Pas perdues pour tout le monde...


Même entre le démontage des fontaines de Lalique et leur remplacement par celles de Max Ingrand, les fontaines continuent d'animer la place.
Heureuse époque où la beauté de Paris était prioritaire ! 


Les fontaines de Max Ingrand reprenaient l'esprit des fontaines Lalique (usage du verre), mais sur un mode plus sobre et plus solide. 




J'emprunte la photo suivante à La tribune de l'art qui avait réalisé en août dernier un article très détaillé sur "la grande misère des fontaines parisiennes". Elle nous montre l'état actuel des bassins: comme la boucherie de Moulinsart, c'est à dire sans eau ! *
* Excusez-moi, c'est l'influence du grand barde !


Et voici à présent le projet qui vient d'être approuvé par la ville de Paris:


Je vous laisse faire les commentaires, moi j'en suis incapable...


Rond-point des Champs-Elysées, Paris VIII°.

vendredi 19 janvier 2018

Du Cats'cottage de Steinlen au pavillon de Bavière

Le 8 décembre 2014, Paris-Bise-Art publiait un article consacré à un bâtiment caché qui, d'après les guides unanimes, aurait été un vestige de l'Exposition universelle de 1900.
Voici cet article in extenso; nous y ajouterons quelques réflexions à la fin.

***

 Lorsque vous regardez ce tableau d'Alfredo Müller, vous vous dites Jolie maison ! Puis vous lisez ce qui est écrit sous la peinture : "Notre chère maison de la rue Caulaincourt", et vous vous dites que cette maison a dû disparaître avec les grands travaux du tournant du XX° siècle... Et bien pas du tout !


En cherchant un peu, vous trouvez que cette peinture représente le Cats'cottage, ainsi nommé parce-que son propriétaire, le peintre Théophile-Alexandre Steinlen, partageait sa vie avec une horde de chats recueillis dans le maquis voisin.


En vous rendant sur place, au 73 rue Caulaincourt, vous ne trouverez que des immeubles bourgeois bien alignés mais pas de Cats' cottage. Lorsque ces immeubles ont été édifiés - avant 1910 - ils faisaient face au maquis de Montmartre non encore bâti.



Une des fameuses "pelles" de Philippe Starck nous confirme ce que nous savions déjà... On n'avance pas.


Heureusement, la gentillesse de Delphine - la patronne du Café de la butte - nous permet de traverser sa cuisine pour découvrir le Cats'cottage à l'arrière des immeubles bordant la rue. Merci Delphine !
(Ne cherchez pas, elle vient de vendre !).


De fil en aiguille, en parlant, nous sommes invités à entrer dans l'immeuble voisin, au 73, par une dame charmante que je remercie ici chaleureusement (sinon, le digicode et la concierge sont incorruptibles).


Enfin, nous nous trouvons face au cottage ! Trop peu de recul pour faire de belles photos car la maison est complètement enchâssée dans les immeubles voisins.


Il n'en reste pas moins un certain charme, surtout quand la porte s'ouvre pour nous permettre d'entrevoir l'escalier en bois.



Alors maintenant, j'ai un problème !
Tous les sites, les guides, les livres, et jusqu'à la pelle Starck nous affirment que le Cats'cottage est la reconstruction du pavillon de la Bavière de l'exposition universelle de 1900.
Or, d'après mes recherches, il n'y avait pas de pavillon de Bavière à l'exposition universelle de 1900 !  
Alors, comme je sais que Paris-Bise-Art a le lectorat le plus cultivé du net, je fais apppel à vos neurones pour résoudre cette énigme : Cats'cottage, pavillon de Bavière, expo de 1900, qui dit vrai ???

Une weißwurst pour les trouveurs !

***

Quatre ans se sont écoulés pendant lesquels on pouvait entendre les neurones du lectorat de Paris-Bise-Art fonctionner en surrégime...
Parmi tous les commentaires reçus à propos de cette énigme, c'est Hélène qui nous a donné la solution; je la cite:
"Il ne peut pas s'agir d'une maison "transportée" en 1900, car elle était en place en 1897 (Cf. commentaire manuscrit sur la petite eau-forte d'Alfredo Müller). L'hypothèse la plus probable est qu'il s'agit bien d'un pavillon de Bavière, mais à l'exposition universelle de 1867, l'année où Louis II de Bavière a fait transporter le pavillon mauresque à Lindenhof..."

J'avoue que cette hypothèse avait ma faveur, mais je voulais obtenir d'autres éléments pour l'étayer.
Le premier élément est ce plan de l'Exposition universelle de 1867 où l'on voit que la Bavière avait bien son propre pavillon:


C'est quand j'ai découvert le site des amis d'Alfredo Müller que ma religion fut faite: Hélène avait raison !
Lisez vous-même:


Cet article est extrait du site "Les amis d'Alfredo Müller" que je remercie.



Alors, un grand bravo à Hélène pour avoir trouvé, merci à tous ceux qui ont ajouté leur pierre à l'édifice de notre réflexion (c'est beau ce que j'écris !), et merci aux amis d'Alfredo Müller !

Il ne nous reste plus qu'à attendre les modifications sur les guides et sites parisiens, je verrais même bien une correction sur la pelle Starck !

73 rue Caulaincourt, Paris XVIII°.

La République, quel cirque !

C'était hier, les petits cirques familiaux "manifestaient" place de la République contre les ayatollahs de la bien-pensance qui voudraient interdire les animaux dans les cirques... Pourquoi ne pas interdire les cirques tout simplement, ainsi que tout ce qui peut faire plaisir aux petits comme aux grands ?
Notre envoyé spécial Claude P. y était, voici ses photos:











Un grand merci à Claude P. !

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